
Ce mardi soir, à Caen, l’équipe de France affronte l’Allemagne pour une place en finale de la Ligue des nations. Battues 1-0 à l’aller à Düsseldorf, les Bleues devront renverser la situation dans un stade Michel-d’Ornano à guichets fermés. Une tâche difficile face à une Mannschaft sûre de sa force.
« Les deux matchs sont importants, le premier conditionnera le deuxième », avait prévenu Laurent Bonadei avant ce Final Four. Et le sélectionneur des Bleues avait vu juste : l’Allemagne, qu’il qualifiait de « redoutable », a confirmé son statut en prenant une sérieuse option pour la finale, où elle pourrait retrouver l’Espagne ou la Suède.
Des absences lourdes à gérer
Privé de Griedge Mbock et Sakina Karchaoui, blessées, et confronté aux retraites d’Amel Majri et Sandie Toletti, Bonadei a dû recomposer son groupe. Le milieu de terrain a néanmoins réservé une belle surprise avec la prestation d’Oriane Jean-François. En revanche, la blessure de Marie-Antoinette Katoto, touchée à l’ischio, complique les plans offensifs : elle manquera la revanche.
« Elle va nous manquer, mais nous avons énormément de ressources offensives », rassure la capitaine Mbock, qui devrait retrouver sa place dans le onze de départ, tout comme Karchaoui.
« Ce n’est que la mi-temps » : l’espoir reste permis
Malgré la défaite à l’aller, le sélectionneur refuse tout fatalisme. « On ne perd que d’un but, tout reste possible. Ce n’est que la mi-temps de la confrontation », affirme Laurent Bonadei.
Le technicien insiste sur l’état d’esprit irréprochable de son groupe : « Quand on participe à une compétition, on veut aller au bout. On travaille sérieusement pour ne rien regretter. »
Reste à savoir avec quelles armes la France pourra réellement bousculer l’Allemagne… Et, en cas de qualification, aurait-elle une chance face à l’Espagne, impressionnante vainqueure 4-0 de la Suède ? La marche semble encore haute.
Entre pessimisme et réalisme
Avant cette revanche, l’atmosphère oscille entre lucidité et désillusion. Certains y voient un parfum de pessimisme, d’autres du réalisme. Bonadei, lui, semble déjà penser à l’avenir et à la construction d’un nouveau cycle en vue de la Coupe du monde 2027.
Un vent de jeunesse dans le groupe
En intégrant Wassa Sangaré (London City Lionesses, U19) et Kysha Sylla (Washington Spirit, U20) à sa dernière liste, le sélectionneur assume sa volonté de rajeunir l’effectif : « Cela amène de la concurrence et apporte un regard neuf. Ces joueuses sont moins marquées par les échecs passés. J’accepte leurs erreurs. À niveau égal, je privilégie la jeunesse. » Une manière de tourner la page d’un passé plus souvent marqué par les déceptions que par les exploits.
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Une victoire pour regagner la foi
Une nouvelle élimination en Ligue des nations, même dans une compétition encore en quête de prestige, pèserait lourd sur le moral des troupes, surtout chez les plus jeunes.
Mais au-delà du résultat, c’est la confiance du public qui est en jeu. Les supporters, fatigués d’attendre, espèrent enfin voir les Bleues soulever un trophée. Car à force de promesses sans lendemain, même les plus fidèles pourraient finir par douter.
Par Kevin AKA


