
Le bras de fer autour de la Superligue européenne se poursuit. Le Real Madrid et la société A22, promotrice du projet, ont réclamé 4,5 milliards d’euros à l’UEFA, après une décision du tribunal de Madrid estimant que l’instance européenne avait abusé de sa position dominante en entravant la création d’une compétition concurrente.
Une décision favorable au Real Madrid
Mercredi, la justice madrilène a donné raison au club espagnol, s’appuyant notamment sur un précédent jugement de la Cour de justice de l’Union européenne en 2023, qui invoquait les principes de libre concurrence. Selon le tribunal, l’UEFA a empêché de manière illégale le développement de la Superligue en imposant son monopole sur l’organisation des compétitions européennes.
En réponse à cette décision, le Real Madrid a salué une « victoire majeure » et dénoncé ce qu’il qualifie de pratiques anticoncurrentielles de la part des instances du football européen.
Le financement d’un projet toujours flou
La requête de 4,5 milliards d’euros interroge : comment la Superligue aurait-elle pu générer une telle manne ? Le projet bénéficiait d’une promesse de financement de 5 milliards d’euros par JP Morgan, tandis que des plateformes comme Netflix auraient montré de l’intérêt pour les droits audiovisuels.
L’objectif : faire pression sur l’UEFA pour obtenir soit un dédommagement, soit une réforme profonde du modèle actuel de la Ligue des champions.
L’UEFA maintient sa position
L’UEFA a réagi fermement, rappelant que la décision du tribunal madrilène ne valide pas la Superligue abandonnée en 2021 et que les règles encadrant l’organisation des compétitions transfrontalières restent en vigueur. L’instance insiste sur le fait que toute nouvelle compétition doit répondre à des critères « objectifs, transparents et non discriminatoires ».
Elle avait déjà menacé, en 2021, de sanctionner les clubs désireux de quitter le modèle européen traditionnel.
Un projet qui reste en suspens
Bien que la Superligue n’ait pas réussi à s’imposer auprès du public et des clubs, le combat judiciaire continue. La décision peut encore faire l’objet d’un recours, et une issue définitive pourrait prendre plusieurs années.
De son côté, A22 travaille sur une nouvelle version du projet baptisée « Unify League », qui pourrait rassembler jusqu’à 96 clubs répartis en quatre divisions, ou prendre la forme de deux groupes de 18 équipes.
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Un modèle économique en pleine mutation
Dans un contexte où les revenus du football européen atteignent des records — le Real Madrid a franchi le cap du milliard d’euros de chiffre d’affaires l’an dernier — la bataille autour du contrôle des compétitions illustre l’évolution du football vers un modèle dominé par des logiques financières.
La réforme récente de la Ligue des champions et les revenus attendus de plus de 5 milliards d’euros à partir de 2027 confirment l’intensité de la compétition économique au sommet du football européen.
Par Kevin AKA


